LE THÈME

LES ÎLES

Pour sa cinquième édition, qui se déroulera au cinéma Belmondo à Nice les 20, 21 et 22 mars 2026, le festival GéoRegards invite spectateurs et passionnés à explorer les relations entre cinéma et géographie autour d’un thème fédérateur : les îles

Coup de projecteur sur les îles

Les îles charment et fascinent, et font encore et toujours la une des magazines ou des espaces publicitaires qui les présentent comme des lieux de rêves et de désirs. Les îles font l’objet ainsi de spectacularisation, de mise en scène, de mises en tourisme ou simplement de décors. Elles peuvent cependant aussi basculer et incarner à l’inverse la peur, la prison, ou le refuge. L’ile est ainsi propice à des constructions imaginaires, elle alimente un imaginaire particulier, celui de l’occident.

Cette vision singulière de l’île se retrouve également dans les premières définitions encore répandues dans la littérature. L’île sera définie comme un espace spécifique (terre entouréed’eau de toutes parts), par sa taille et par son éloignement.

L’espace insulaire devient ainsi au gré des représentations, un paradis perdu, une marge, unlieu de relégation, une rupture, une utopie, dans tous les cas souvent une terre particulière, aux cultures spécifiques et endogènes.

Ainsi, les fictions– et donc le cinémaprésentent l’île comme la synthèse la plus aboutied’un environnement à part. L’île incarne l’altérité spatiale par excellence, le lieu différent et par là elle devient, un territoire convoité, rêvé, désiré, ou craint. C’est donc aussi « le lieu del’Autre, de l’étrange, de l’étranger, de l’exotique, en somme : la figure emblématique de l’altérité ». 

Et pourtant, les îles sont aussi autre chose. Elles sont avant tout des lieux de vie.

Des lieux habités par des hommes et des femmes qui y (co)-habitent, travaillent, circulent, se détendent, se rencontrent, se mobilisent, construisent et imaginent leur avenir chaque jour. Autrement dit, les iles ce sont des îliennes et les îliens !

Ce sont des histoires, des pratiques spatiales d’hommes et de femmes et des contextes qui créent l’insularité. Et les insularités sont plurielles., il y a ceux qui y sont nés et qui y vivent(ou qui en partent) , ceux qui reviennent, et ceux qui découvrent et s’y installent. Même ceux qui viennent à la journée passer quatre ou cinq heures s’approprient l’île et participent à la construction d’une identité et d’un territoire îlien.

Des dynamiques se mettent en place et les îles peuvent devenir des territoires sur lesquels on invente des possibilités de vie différentes.

Enfin, les îles sont par ailleurs traversées par les processus en cours comme n’importe quel autre espace. Insérées dans la mondialisation, imbriquées dans des jeux d’échelles, elles sont au cœur de nombreuses préoccupations géographiques, politiques et humaines : îles en voie de disparition ,territoires confisqués ou appropriés, les  tensions politiques,  les enjeux migratoires, géopolitiques, environnementaux, etc.

Ainsi l’objet de GeoRegards à travers le thème Ile(s) est bien de tenter de saisir à travers ces territoires de cinéma, à la fois les représentations et les réalités des iles, de saisir les liens indissociables qui se tissent entre les rêves et les espaces insulaires, entre fiction et réalité. Si les îles nourrissent notre imaginaire, elles sont aussi des territoires de vie. Les films présentés ont pour ambition de croiser les regards pour approcher avec vous cette diversité des iles, des iliennes et iliens.

Gros plan sur la programmation du festival

THE OUTRUN
STILL THE WATER
PACIFICTION
LES ÉTENDUES IMAGINAIRES
LES APACHES
LE CHANT DE LA MER

Une affiche, un(e) artiste

Rafael Pupo, peintre autodidacte et cubain, nous fait le plaisir cette année de réaliser l’affiche officielle du Festival GéoRegards.

Pupo s’inspire de son environnement immédiat sans intellectualiser. Le dessin constitue un point de départ dont il s’éloigne progressivement au fur et à mesure qu’il introduit la couleur. Son objectif est de proposer une vision onirique et poétique du monde loin des contingences économiques ou sociales de la réalité. Le dessin fini par disparaître au profit d’une réflexion purement esthétique sur la couleur et la forme. Aussi se place-t-il à la croisée des chemins entre l’art naïf caribéen, l’art figuratif, l’art déco et l’art abstrait, sans se réclamer d’aucun de ces mouvements de façon exclusive. Un cerne noir ainsi qu’une pratique du remplissage sauvage permet de s’éloigner d’une représentation trop réaliste de son  environnement immédiat dont il s’inspire.

Jean-Christophe Gay, parrain de l'édition 2026

Le festival GeoRegards est fier et heureux d’annoncer que Jean-Christophe Gay nous fait l’honneur d’être le Parrain de cette édition 2026 pour les Ile(s).

En tant que parrain du Festival, il contribuera à l’inauguration du festival, participera aux débats et rencontres et sera aux côtés de l’équipe pour le film de clôture.

Jean-Christophe Gay, agrégé de géographie, est professeur des universités à l’IAE Nice (Université Côte d’Azur). Il fait partie du laboratoire URMIS et il est le directeur scientifique de l’Institut du tourisme Côte d’Azur. Ses recherches portent sur le tourisme, les outre-mers et les discontinuités spatiales. Il est membre titulaire du Comité des travaux historiques et scientifiques (CTHS), conseiller scientifique de la Chaire « Outre-mer » de Sciences Po Paris. Il a présidé de 2015 à 2020 le Comité d’évaluation du GIP CNRT « Nickel et son environnement ». Il a été le secrétaire-général du prix Vautrin-Lud (le « prix Nobel de la géographie ») de 2015 à 2020 et le codirecteur scientifique de l’Atlas de la Nouvelle-Calédonie (IRD, 2009-2014).

Avec Fred Constant, il a co-dirigé l’Atlas des Outre-mer qui vient de paraitre aux éditions Autrement-Flammarion.